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L'intensification de l'autorité. Sur le même fond d'anxiété face au groupe, le besoin de reconquérir et de maintenir le pouvoir, avec des sentiments plus ou moins persécutifs d'ailleurs, peut se traduire par l'intensification de l'autorité. Ce mécanisme défensif-adaptatif comporte une grande variété de modalités dont les deux plus lisibles sont la polarisation des communications et la compulsion de correction. La " défense " contre les " éléments incontrôlables ", dont le comportement est perçu comme manifestation d'hostilité à l'égard de l'enseignant, et la crainte anxieuse des coalitions étudiantes conduisent à un contrôle serré des communications dans le groupe. Se plaçant comme unique destinataire légitime, l'enseignant tire à lui les échanges entre enseignés au nom de ce qu'il intellectualise comme activité nécessaire de régulation de la prise de parole, confondant alors liberté de parole et liberté de communication. Les interactions qui se déroulent devant l'enseignant, mais sans lui, donnent le signal d'un chahut imminent. Véritable aiguilleur et polarisateur des communications, l'enseignant freine à son insu la dynamique locomotrice du groupe. La compulsion de correction, tic professoral incoercible s'il en est, porte aussi bien sur la communication, la forme ou le contenu du message, et les invalide en même temps qu'elle disqualifie leur auteur. Ainsi le sens ne sera pas pris en compte si le message est syntaxiquement incorrect (faute de français par exemple), s'il est jugé inopportun ou hors propos, ou s'il n'est pas inscrit dans un réseau de communication légitime. La compulsion de correction est un cas particulier, je vais y revenir, de " réponse tangentielle ". Il va sans dire que sa réalisation, par définition répétitive, a pour effet d'accroître la marginalité, précisément constituée par écart à la norme. C'est trivialement le cas du rapport au langage.
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